
Augure, premier long-métrage de Baloji présenté en 2023 au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard, où il reçoit le Prix de la Nouvelle Voix, déploie un récit choral naviguant entre réalisme et conte fantastique. Dans une Afrique fantasmagorique, quatre personnages marginalisés doivent faire face aux questionnements liés aux croyances, aux assignations sociales et aux héritages familiaux. Une oeuvre où se mêlent cinéma, musique, rituel et arts visuels.
Koffi, de retour au Congo après quinze ans d’exil en Europe, est toujours perçu par sa famille comme un être associé au maléfice. Autour de lui gravitent Tshala, sa sœur libre et insoumise, Mujila, leur mère prisonnière du deuil et du regard social, et Paco, jeune garçon des rues et chef d’un gang local. Tous cherchent à échapper aux malédictions supposées et à reprendre le contrôle de leur destin.
Nourri par son parcours de musicien, styliste et plasticien, Baloji signe une œuvre d’une richesse visuelle totale. Les costumes, les décors, les couleurs, les gestes et les sons deviennent une grammaire à part entière, capable de traduire l’intériorité des personnages et les tensions invisibles entre héritage, croyance, modernité, famille et émancipation. Le film se déploie ainsi comme une expérience synesthésique, chaque protagoniste étant associé à un univers de couleurs, de matières et de sons. Baloji a d’ailleurs conçu quatre albums distincts, pensés depuis le point de vue de ses personnages, prolongeant le film en une œuvre musicale présenté le jeudi 3 décembre au Palais de Tokyo